28.07.2006 - Il y a des avancées techniques, et même des poussées, comme poussées de fièvre, poussées de champignons en forêt de Rambouillet. Il y a aussi dans le monde informatique des poussées d'emphase qui sont comme des enflures de style devenant à la longue pénibles à supporter (homme d'un autre temps, j'emploie "supporter" à la mode ancienne). Entre la mémoire centrale de 2 Ko de 1976 et celle d'un milliard d'octets de 2006 (voir Edito du 04.05.06) que d'avancées pour la technique des mémoires ! Pourquoi les gens du secteur croient-ils faire plus joli en détournant les mots de leur simple sens ? D'après mon Larousse, la technologie étant "l'étude des techniques" et non 'une' technique, le mot 'technique' s'impose. Mais imaginez Intel inviter à une conférence de presse pour présenter 'une nouvelle technique de microprocesseur' : plouf et pschitt garantis. Qui va se déplacer pour découvrir une technique ?
Prenez le mot 'informatique' lui-même. Il fut forgé en 1962 et abondamment employé jusqu'à ces récentes années, où une nouvelle génération lui a préféré "technologie de l'information " qui a un triple avantage à ses yeux : il est plus long, il est plus ambigü et il est directement transposé de l'anglais (Information technology)... tout pour plaire aux prétentieux.
Je suis passionné par les nouvelles technologies, m'affirment les candidats à un job chez nous. Quand on creuse un peu, on découvre que le WiFi est pour eux un exemple parfait. Or le WiFi n'est pas une technologie, et le WiFi consiste à envoyer de l'info par ondes radio. Invention de la radio ? Entre 1890 et 1896 par MM Hertz, Branly et Marconi. Mon grand-père Fernand parlait-il de nouvelle technologie quand il ouvrait grand sa fenêtre sur la rue afin que que tout le village puisse s'en approcher pour écouter le Tour de France ? C'était un homme simple, comme les gens de son temps, il disait "le poste de TSF". Il avait des responsabilités dans une usine de ciment : il était donc bien dans le "mortar" comme on disait naguère (il y a 5 ans). Et cela se remarquait puisque je ne l'ai jamais entendu dire "nouvelle technologie" alors que -pourtant -sa génération a vu arriver la radio, l'avion, le téléphone, le radar, l'énergie nucléaire, le laser, la télévision ... en une seule vie, excusez du peu ! S'il était dans le "click" aujourd'hui, il nous parlerait de ses "clients finaux qui supportent l'implémentation de technologies interopérables", devant ses petits-enfants bouche bée. La cimenterie de grand-père Fernand n'avait que des clients finauds, car en ce temps-là (moins de 81,9% de réussite au Bac) on savait depuis bien avant la classe du Certif (14 ans) que l'adjectif 'final' s'accordant comme tel en genre et en nombre au nom qu'il qualifie, il y a des clients finals, comme une lutte finale (Arlette !), et des huttes finales en bout de plage dans certains villages du Club Med. A propos : Bonnes vacances à tous ; comme vous venez de le voir, j'en ai moi aussi bien besoin. Ne prenez pas froid. |