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EDITO N° 1
Hervé Sérieyx
La journée de l’emploi.
Comme dirait le Président de la République : « C’est quand même extraordinaire ; il existe en France de nombreuses journées dédiées aux problèmes clefs de la société et pas la moindre Journée de l’emploi ». C’est pourtant, aujourd’hui, le souci majeur de notre pays, celui qui, faute de trouver des réponses rapides et concrètes, risque d’envoyer dans le mur ce consensus républicain qui, malgré nos sympathiques - et parfois folkloriques - désaccords gaulois, cimente une des nations les plus cohérentes de la planète. Ce n’est pas que l’Etat, les entreprises, les syndicats et le système éducatif ne fassent pas en ce domaine les efforts nécessaires qui relèvent de leurs compétences pour que, dans cette crise majeure, chacun puisse trouver l’emploi qui pourra lui permettre de trouver dignité, moyen d’existence et possibilité de se réaliser ; mais une « Journée de l’emploi » doit rappeler à chacun d’entre nous que permettre un emploi pour tous, c’est l’affaire de chaque citoyen là où il est , avec la modestie de ses moyens : devenir parrain d’un jeune en recherche d’emploi, mettre son réseau relationnel à la disposition d’une école technique, accompagner un jeune à la Mission locale du bassin d’emploi, faire visiter par une classe l’entreprise où l’on travaille, informer le lycée professionnel de sa localité sur les Groupements d’employeurs du département, si l’on est artisan venir présenter son métier dans un collège, favoriser l’acceptation de stages ou l’ouverture de postes d’apprentis chez son employeur… Il y a des centaines de façons de contribuer à la mobilisation collective de la société en faveur de l’emploi.
Parce que j’ai eu la chance de connaître et d’apprécier, dans ma quadruple vie professionnelle, l’Entreprise, l’Education, le Service Public de l’emploi et les institutions syndicales, je sais que leur rôle, s’il est efficace et essentiel, ne sera jamais suffisant si chaque citoyen ne joue pas son rôle modeste d’initiative pour contribuer à promouvoir l’emploi pour tous. C’est la grandeur et l’originalité de la République que de doter chaque citoyen d’un rôle politique pour participer à la résolution des problèmes de la Société.
C’est pourquoi j’ai accepté d’être le porte-parole de cette initiative : « la Journée de l’emploi ».
EDITO N° 2
Hervé Sérieyx
Les voies neuves de la recherche d’emploi
Dans les années 1840, quand se multipliaient en France les réseaux de chemins de fer, les compagnies de diligences s’efforçaient, pour rester concurrentielles, de moderniser les relais de postes et de réduire les temps de changement d’équipages : peine perdue, le progrès avait tranché. Aujourd’hui, le développement phénoménal des réseaux sociaux, de type Facebook et la banalisation du e-recrutement ne peuvent, en se connectant, que donner un coup de vieux aux traditionnels processus de rencontre entre demandeurs et offreurs d’emplois. La Journée de l’emploi, en donnant une large publicité à ces nouvelles pratiques, veut faire connaître à toute la société française qu’à l’ère de Web2, il est infiniment plus rapide et plus facile qu’hier d’augmenter ses chances dans la quête d’un emploi satisfaisant. Les guichets de Pôle Emploi ont encore de beaux jours devant eux mais il existe désormais des chemins plus courts que leurs files d’attentes.
EDITO N° 3
Hervé Sérieyx
Tant d’emplois divers
Lors de la manifestation contre le CPE, un sympathique « bac +5 » brandissait une pancarte étonnante : « Les patrons, ils ont qu’à nous embaucher et à nous filer de la thune ! » Outre le faible bagage économique que traduisait cette affirmation comminatoire ainsi que la médiocre capacité de l’Université à préparer des adultes qu’elle exprimait, on pouvait surtout en déduire une grande méconnaissance du marché de l’emploi d’aujourd’hui : le CDI vécu dans une seule entreprise n’est qu’une forme d’emploi parmi d’autres… et la crise aidant, probablement pas la plus sûre. Il existe bien d’autres façon de gagner et de réussir sa vie professionnelle : créer son propre emploi grâce à l’auto-entrepreneuriat, investir dans l’aide à la personne, travailler dans une entreprise de portage, rejoindre un groupement d’employeurs, choisir la formule du contrat de mission ou même se professionnaliser dans l’interim… La Journée de l’emploi a en fait cette triple ambition : rappeler que dans la bataille de l’emploi, chaque citoyen peut se mobiliser, si peu que se soit, pour aider les autres ; faire connaître les nouveaux canaux informatiques qui permettent de connecter plus rapidement l’offre et la demande ; ouvrir notre champ de conscience sur toutes les formes d’emplois désormais possibles, un champ de conscience trop souvent réduit au bon vieux CDI d’hier qui n’est plus forcément la garantie d’une stabilité de l’emploi pour demain. Décidément, la Journée de l’emploi n’est pas un gadget de communicants en mal de sujet à la mode mais une nécessité nationale dont tous les acteurs concernés ne peuvent se permettre de faire l’économie.
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